Les start up d’Etat font bouger l’administration, notamment le Pôle Emploi

lcenfranceL’administration française a besoin de se réformer et d’améliorer son service aux usagers. Or l’Etat, malgré ses intentions, a tendance à invariablement reproduire des schémas où les usagers se retrouvent confrontés à des démarches complexes et laborieuses. Par exemple, l’accès aux droits ou les marchés publics sont des labyrinthes administratifs, où formulaires cerfa et pièces à fournir sont légion.
Pierre Pezziardi, entrepreneur, a fait le constat que s’il n’est pas possible d’innover de l’intérieur, l’Etat a besoin d’entrepreneurs externes pour le faire. Le Secrétariat General à la Modernisation de l’Etat Public (SGMAP) lui a alors confié le projet de créer des start ups d’Etat.
Une start up d’Etat est financée à hauteur de 100 000 euros pour les 6 premiers mois, et a pour mission de créer des applications pour faciliter les démarches administratives. Si l’innovation fonctionne et remplit sa mission de modernisation, l’Etat poursuit le financement, dans le cas contraire il interrompt définitivement son activité.

Par exemple, avec seulement 200 000 euros d’investissement, le site mesaides.gouv a été lancé. C’est une plateforme qui référence toutes les aides (par ex. : le RSA, le minimum vieillesse, les allocations familiales, etc.) auxquelles les citoyens ont droit, et permet de faire des simulations pour connaitre son éligibilité. Cette application a permis de complètement décloisonner l’administration.

Pour concevoir ces start ups, Pierre Piezzardi recrute 4 personnes : un chef de produit, fonctionnaire issu de l’administration, « indigné » de la lourdeur administrative ; un coach, qui minimise le poids des obstacles sur les étapes de réalisation, et 2 développeurs externes, recrutés en CDD (en attendant de pouvoir détacher des ressources de la fonction publique).

Une opportunité pour l’emploi
Le Pôle Emploi souhaite aussi exploiter le potentiel de ces start ups pour moderniser son action. L’institution remplit bien sa mission d’indemnisation des chômeurs, mais elle est critiquée par la cour des comptes car elle ne remplit pas son rôle « d’intermédiaire entre offre et demande d’emploi ». Seulement 30% des annonces sur internet passent par son site. Le directeur Général du Pôle Emploi Jean Bassères, s’est alors rapproché d’un des génies du web Paul Duan, pour créer un site web gratuit sur lequel les demandeurs d’emploi seront accompagnés par un conseiller numérique personnel dans le labyrinthe des formations et emplois. Le site « Mon Plan d’Attaque » devrait voir le jour au printemps 2016.

D’autres applications créées par des start ups d’Etat ont déjà vu le jour, comme La Bonne Boite, qui aide les demandeurs d’emploi à cibler leurs candidatures spontanées sur les quelques entreprises de leur région les plus susceptibles de recruter dans le semestre à venir, en utilisant les données financières et les déclarations préalables à l’embauche.
La Bonne Formation elle, permet de cibler les formations statistiquement les plus efficaces pour trouver un emploi.

Le gouvernement affirme que « La France est devenue en 2014 la première nation européenne en matière d’administration numérique. Elle entend accélérer sa transformation pour simplifier encore davantage les démarches des particuliers et des entreprises grâce à internet, et rendre les services publics plus efficaces et plus réactifs. »

A suivre…

 

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