Les initiatives « ecoweb » pour limiter les consommations d’énergies

Aujourd’hui plus de 2,5 milliards de personnes utilisent internet, et les appareils électroniques ainsi que les serveurs consomment beaucoup d’énergie. Selon Google, un internaute génère en moyenne huit grammes de CO2 par an, donc un mois de surf sur le web correspond à un trajet d’1,6 km en voiture. 10 requêtes sur Google – qui utilisent la puissance des serveurs – consomment autant d’électricité qu’une lampe allumée pendant une demi-heure. Les fermes de serveurs de Google consomment près de 2,3 milliards de Kilowattheure par an, ce qui permettrait d’alimenter une ville de la taille de Grenoble. Cette consommation massive d’électricité s’explique en partie par le fait que nous stockons de plus en plus de données dans le cloud, sur des serveurs qui tournent 24h sur 24. Greenpeace a calculé que les 300 plus grands serveurs mondiaux engloutissent plus de 680 milliards de Kilowattheure chaque année. Si internet était un pays il serait le sixième consommateur d’électricité au monde.

Pour faire des économies d’énergie certaines entreprises créent des datacenters « vert ». C’est le cas du centre Datadock de la société PlusServer, situé à Strasbourg. C’est le datacenter le plus écologique d’Europe, il consomme 66% d’énergie de moins que la moyenne. Il compte plus de 38 000 serveurs, et tout fonctionne à l’électricité « verte ». Le dispositif de refroidissement des serveurs y est unique : dans une galerie froide, l’air frais se déplace du bas vers le haut, et est aspiré directement par les serveurs. Le mécanisme est simple : de l’eau à 10 degrés provenant d’une des plus grandes nappes phréatiques d’Europe située à 65 mètres sous terre, s’écoule dans des canalisations. L’eau refroidit l’air dans un échangeur thermique, qui est ensuite soufflé dans les galeries froides sous les serveurs. L’air sortant revient dans l’échangeur où il est à nouveau refroidit. Dans ce processus d’échange l’eau se réchauffe et se déverse dans le Rhin à une température de 19 degrés. Les ingénieurs de Datadock ont aussi calculé à quelle vitesse de rotation les ventilateurs refroidissent au maximum tout en consommant un minimum d’électricité.  Beaucoup d’entreprises choisissent Datadock car il propose un centre de données écologique.

Nos appareils informatiques et leur élimination consomment aussi de l’énergie. Nous les remplaçons souvent, soit parce que nous voulons utiliser les dernières nouveautés, soit parce que les appareils sont conçus avec une durée de vie limitée. En 2010 l’Union Européenne a produit 3,5 millions de tonnes de déchets électroniques, et plus de la moitié ne sont pas éliminés correctement. Bien que ce soit interdit, 30% des rebus sont exportés vers des décharges non européennes. Une partie est expédiée en Asie (Inde, Pakistan), et une autre en Afrique de l’Ouest (Ghana, Nigéria).
Alors pour réduire ces montagnes de déchets électroniques, certaines startup innovent. A Amsterdam, une entreprise a créé le Fairphone. Son objectif est de fabriquer des téléphones mobiles dans les conditions les plus équitables possibles, et diminuer la quantité de déchets électroniques en créant des smartphones qui durent plus longtemps. Ils incitent leurs client à réparer eux même leurs téléphones en proposant des pièces détachées à la vente.

Faire des économies d’énergie, c’est protéger l’environnement mais aussi réduire les coûts. Même si la sécurité des données passe toujours avant la protection de l’environnement, l’ecoweb a de plus en plus la cote auprès des entreprises.

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