Le modèle économique s’ « ubérise », on n’arrête plus la vague de fond…

Uber, ou Airbnb, ce sont ces nouveaux modèles de désintermédiation qui mettent en lien direct le prestataire et le client, valorisent la qualité de service et proposent des tarifs inférieurs à ceux des acteurs « traditionnels ». Ce n’est pas de l’altruisme pur, c’est un nouveau modèle, qui se base sur le fait que ce qui va dans l’intérêt des clients va dans celui de l’entreprise, donc de l’économie, et donc de la société.
Pour les consommateurs, c’est une nouvelle manière de consommer et de jouer un rôle dans l’économie, car ils acquièrent deux nouveaux pouvoirs : celui de commenter et noter les prestataires, et celui de pouvoir devenir prestataires eux même.

Qui ?
Les nouveaux venus se multiplient :

Il y a Ornikar, une formation low cost et accélérée au permis de conduire. Fondée par Benjamin Gaignault et Alexandre Chartier à Nantes, depuis cet été leur plateforme met en relation des moniteurs de conduite avec des personnes souhaitant prendre des cours. Chaque candidat peut contacter directement via Internet un moniteur pour caler des heures de conduite.

Il y a We Claim, une plateforme de mise en relation entre avocats et victimes (ou associations de consommateurs) née en 2014. Elle facilite les actions collectives en justice, et surtout, si les avocats ne gagnent pas le client ne paie pas ! Les litiges les plus récurrents concernent les infections post opératoires, les fautes de banques dans le calcul de taux de crédits, les vols aériens retardés ou annulés et non indemnisés, les ruptures abusives de contrats professionnels, etc.

Il y a aussi toute une tendance de création de pressing 2.0. Ils permettent, en un clic sur leur site Internet ou via une appli, de programmer le passage d’un groom qui récupère les vêtements et les rapporte lavés et repassés 24 à 48 h plus tard, et ce, 7j/7. Il y a par exemple : La Cleanbox, Cleanio, Decompressing, Soyez BCBG.

Personne n’est à l’abri de voir surgir un jour ou l’autre dans son cœur de métier un acteur disruptif. Ces acteurs sont vus comme une concurrence dangereuse, car c’est l’effet de masse qui régit l’économie de leurs plateformes, et certains considèrent qu’elles ne laisseront la place que pour peu d’acteurs sur chaque créneau…
Alors les entreprises « traditionnelles » s’adaptent, et parfois attaquent.

Les adaptations

Face à Uber la compagnie G7 a réagi en lançant le site de réservation mobile eCab.

La Fnac, Cdiscount, Pixmania, Rue du commerce ont déployé, sur le modèle Amazon, leur place de marché. Mr Bricolage lance Ladépanne.fr, un site communautaire de proximité qui permet de louer la perceuse de son voisin plutôt que d’en acheter une neuve.

D’autres investissent dans des startups plutôt que de créer leur propre e-services, c’est le cas par exemple de la Maif qui investit depuis plusieurs années dans des startups comme Koolicar (partage de voitures entre particuliers) et GuestToGuest (échange d’appartement).
Mobivia (Norauto, Midas, etc.), est entré au capital de Drivy (location de voitures entre particuliers), de Green-on (partage de vélos électriques) et de Heetch (covoiturage de proximité).

Certains ont créé des incubateurs comme Airbus, qui permet à de nombreuses jeunes pousses de trouver une réponse à leurs besoins dans ce type de collaboration. Mais beaucoup de start ups préfèrent néanmoins lever du capital auprès d’investisseurs.

Les attaques

Face à Uber, les chauffeurs de taxi ont obtenu que le gouvernement décrète un moratoire sur les nouvelles immatriculations de VTC (véhicule de transport avec chauffeur) et que la loi Thévenoud déclare « illégal » Uber Pop.
En l’accusant d’abus de position dominante, les hôteliers ont réussi à faire plier Booking.com. L’Autorité de la concurrence a condamné le site de réservation en ligne pour certaines de ses clauses tarifaires imposées aux hôteliers. Depuis le 1er juillet, les chaînes peuvent proposer des tarifs plus avantageux sur des sites de réservation concurrents. Ils ont aussi lancé Fairbooking.com, un portail commun de réservation directe qui leur permet de reconquérir le contact avec leurs clients.

Lancer une application, une plateforme ou un site Internet ne suffit pas à se mettre en mode Uber, Pour Philippe Coste, directeur délégué de French Tech Toulouse, « il faut sortir de la culture d’ingénieurs et accepter l’idée que l’innovation ne vient pas uniquement de la R&D, en clair, repenser les modes de management un peu trop verticaux, être dans l’anticipation et dans la réaction, passer en mode projet et ne plus hésiter à recruter des jeunes diplômés venus des start-up. »

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