La Singularity Univeristy : visionnaire ou barjo ?

La Singularity University a été créée en 2008, son campus est situé dans la Silicon Valley, entre la NASA et Google. Elle a pour objectif de former les futures élites de l’intelligence artificielle, des bio et nanotechnologies, pour guider et inspirer les prochaines générations de leaders. Elle compte aujourd’hui 2500 élèves, une session de cours d‘été de 10 semaines coute 30 000 euros, et une semaine intensive 12000. Elle a de nombreux de donateurs comme : Deloitte, Autodesk, Cisco, Nokia, ePlanet Capital etc.

Ses deux co-fondateurs : le médecin Peter Diamondis et Raymond Kurzweil, directeur du développement de Google, sont de véritables rock stars de la technologie.


L’astronaute Buzz Aldrin, l’acteur Ashton Kutcher (qui a joué Steve Jobs au cinéma), ou encore Jim Gianopulos, le grand manitou de la Fox, y ont repris leurs études. On y trouve également Reid Hoffman, cocréateur de LinkedIn, Nolan Bushnell, inventeur d’Atari, ou encore le rappeur will.i.am. Les plus grandes entreprises mondiales y envoient leur P-DG, directeurs techniques et directeurs financiers.

Pour les fondateurs de l’Université, nous sommes entrés dans une ère de « exponential disruption », qui fait évoluer l’économie, la société, et la politique. Certaines institutions et décideurs, notamment Européens, ne sont pas encore prêts à gérer ces ruptures, et l’Université est là pour leur permettre d’appréhender toutes ces nouvelles technologies, leur donner des méthodologies et outils de décodage. L’université est actuellement à la recherche de nouveaux talents en Europe, pour les envoyer étudier à la Singularity University.  Deux partenariats viennent d’être noués avec les écoles privées françaises Epitech et Essec. La Singularity University veut construire un pont en la Silicon Valley et l’ « ancien monde », sa prochaine étape sera l’Afrique du Nord et de l’Ouest.

L’université ne s’interdit aucun tabou dans ses sujets d’étude : immortalité, robots sexuels, fin de la pauvreté, plantes lumineuses, impression 3D d’organes etc. Elle se défend pourtant de toucher au trans-humanisme, et, pour le secteur médical, lui préfère le terme d’ »appareillage médical pour prolonger l’espérance de vie ».
Peter Diamandis annonce, un peu à la manière d’un prédicateur, la fin de la pauvreté pour 2035. Pour le démontrer, il prend les Chinois en exemple : ne sont-ils pas dix fois plus riches qu’en 1960 ? Il a aussi son idée pour résoudre les problèmes d’énergie. Elle étudie par exemple la mise au point de carburants à partir de microalgues. Un hectare pourrait produire 25 000 litres d’huile par an, contre 45 pour le maïs et Exxon est prêt à injecter 300 millions de dollars dans ce projet. L’université est aussi tentée par la conquête des astéroïdes pour y récupérer des métaux précieux.
Raymond Kurzweil, qui ingurgite 150 vitamines par jour et pense qu’il pourra vivre 800 ans, lui, explique qu’en 2040, l’intelligence artificielle sera un million de fois supérieure à celle de l’homme. Il fait aussi le pari de l’immortalité de l’homme. Voici son raisonnement : il y a 1 000 ans, l’espérance de vie était de 20 ans, il y a 200 ans, elle est passée à 37 ans, et, en 2029, un bébé aura une chance sur deux de devenir immortel. Pour lui, notre corps est semblable à un logiciel qu’il sera possible de reprogrammer et d’augmenter grâce à des clones d’organes vivants. Plus tard, il sera aussi possible de télécharger des applications dans notre cerveau.

Mais alors, en cas de vie éternelle, le mariage va-t-il se transformer en contrat éternel ? Quel avenir pour les religions? Et quid de notre carrière si celle-ci prend un nouveau tournant à 75 ans ?

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