Les nouvelles technologies dans le secteur de la mode

fashion techweekLa semaine dernière se déroulait la 2eme édition de la Fashion Techweek,  organisée par NUMA en collaboration avec : ESCP Europe, Hall Couture, Iconity et Jeanne Bloch. L’objectif de cette semaine était de faire émerger des coopérations et  rendre visibles les nombreuses initiatives existantes.

Organisée par ESCP Europe et Lectra, la table ronde du 4 mars, animée par Céline Abécassis-Moedas et Valérie Moatti, co-directrices académiques de la Chaire d’enseignement et de recherche « Mode et Technologie »  réunissait quatre experts d’entreprises de la mode, pour aborder le sujet de l’influence des technologies sur leurs business modèles, aujourd’hui et dans le futur proche.

Les 4 intervenants :
Loic Bocher, Co-fondateur et Directeur Général de Collector Square – vente en ligne d’objets de luxe d’occasion.
Annabelle Nahum, Co-Fondatrice de MyCoutureCorner – site e-commerce qui loue des robes de luxe.
Nicolas Petitjean, Directeur Innovation DBApparel Europe – groupe de sous-vêtements qui regroupe les marques Dim, Playtex et Wonderbra.
Philippe Ribera, Directeur Marketing Software de Lectra – fournisseur de solutions technologiques intégrées pour les secteurs textiles, décoration, automobile et aéronautique.

Pour eux, les nouvelles technologies permettent en premier lieu de transformer l’expérience client. Les consommateurs devenant de plus en plus versatiles, les entreprises doivent s’adapter à leurs besoins. L’informatique permet alors d’accélérer les cycles de vente pour atteindre la quasi-instantanéité.

Pour Loïc Bocher « sans l’industrialisation de la majorité de nos processus nous serions obligés d’appliquer 50% de marge, alors qu’aujourd’hui nous sommes à 25% seulement ». C’est cette capacité à optimiser ses prix qui le positionne devant ses concurrents, notamment les dépôts ventes. Dès sa première année d’activité, l’entreprise a d’ailleurs affiché un bilan très positif avec plus de 5000 objets vendus.

Nicolas Petitjean pense que de nombreuses technologies sont en train de se perfectionner et vont devenir indispensables, comme l’impression 3D et les objets connectés. Mais pour qu’elles soient innovantes il faudra qu’elles servent des créations utiles : « créer un soutient gorge connecté est totalement nouveau, mais est-ce que son utilisation est simple, et surtout, quelle est son utilité ? ». D’autres technologies font aussi leur apparition comme la couture automatisée, et les biotechnologies pour créer de nouveaux matériaux.

Pour Philippe Ribera, les technologies de demain devront permettre de mieux gérer et analyser les masses de données collectées sur les clients. Et pour visualiser les informations générées il sera nécessaire de concevoir un langage commun, c’est-à-dire la visualisation en 3D, et cette technologie n’est pas encore aboutie.
Loïc Bocher ajoute qu’aujourd’hui il existe déjà de nombreuses technologies pour faire évoluer l’expérience utilisateur, mais les entreprises ne savent pas encore bien les utiliser. Par exemple, la 3D, la reconnaissance d’image, la virtualisation existent mais ne sont pas encore intégrées.

Pour Annabelle Nahum « pour une start-up comme la nôtre, nous avons la volonté de mettre en place des nouvelles technologies mais nous manquons souvent de temps et de budget ». Par exemple, très intéressée par des solutions de cabine d’essayage virtuelles, et pas encore convaincue de la pertinence des outils testés, elle a mis en place des solutions alternatives pour répondre à ce besoin : « en attendant de trouver la bonne solution, lorsque nos clientes hésitent entre deux tailles, nous leur envoyons les deux pour qu’elles puissent les essayer ».
Elle ajoute que les technologies de demain devront aider les e-commerçants à mieux connaitre leurs clients: « je veux pouvoir comprendre qui sont ces consommateurs derrière leurs écrans, leurs motivations, leurs envies ».

A un des participants qui s’inquiétait de la possibilité de voir disparaître les boutiques physiques au profit du tout online, les quatre participants ont répondu en chœur que ce scénario de science-fiction n’était pas réaliste,  car les deux comptoirs de vente (physique et virtuel) sont sans aucun doute complémentaires et non en concurrence.

Autour de cette table ronde, malgré la différence des enjeux métiers présentés, tous les intervenants voient dans les nouvelles technologies une formidable opportunité de croissance.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published. Please enter your name, email and a comment.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.