Les Smart Cities, danger ou opportunité ?

smart-cities-security-challenge-showcase_image-6-a-7968Plus d’un français sur deux vit dans une commune de plus de 10 000 habitants, et les nouvelles technologies pourraient aider à améliorer son quotidien. Comment ? En développant des services ou en les réorganisant, en utilisant les informations fournies par ces nouvelles technologies, et en associant les habitants à la conception ou au fonctionnement de leur cadre de vie, avec des systèmes capables de favoriser la participation citoyenne.

Les défis des villes de demain

Aujourd’hui les villes ont un triple défi à relever : la révolution numérique qui est en train de changer la manière dont les citoyens appréhendent leur vie quotidienne ; la révolution urbaine et la multiplication du nombre de citadins que ne peuvent plus supporter les infrastructures existantes (par exemple, on ne peut pas construire indéfiniment des routes additionnelles) ; et les défis climatiques.
Pour ceux qui voient dans le développement de l’intelligence des villes une opportunité, le numérique est un outil pour essayer d’améliorer et de régler ces problèmes.

Les risques liés aux smart cities

Mais on sait aussi que le marché des smart cities est fortement lié à la génération de profits pour de nombreux acteurs, estimés à 1520 milliards de dollars d’ici à 2020. Pour les détracteurs des villes intelligentes, cet objectif de rentabilité signifie risques, en matière de surveillance des citoyens et d’utilisation de leurs données. Par exemple, la ville de Saragosse en Espagne a créé une carte qui permet de prendre le bus, d’entrer dans les musées, d’emprunter des livres à la bibliothèque, d’aller au théâtre, de payer le parking et d’accéder au wi-fi de la ville. Pour Morgan Tual, journaliste de la rubrique Pixel du Monde, cela facilite la vie de tous les habitants, mais cela fournit aussi beaucoup de données aux autorités et aux entreprises en charge de la gestion des systèmes informatique sous-jacents. Elles peuvent en effet connaitre les trajets des habitants, le type d’expositions qui leur plaisent, les livres qu’ils lisent, à quel moment ils se connectent à internet, et peut être même ce qu’ils y font. S’ajoute à cela la vidéo surveillance, massivement déployée dans les villes. Les premiers programmes d’intelligence artificielle sont capables de reconnaitre en direct les visages, et même parfois de leur donner un nom, et peuvent aussi comprendre les situations filmées. Elles peuvent alors noter les faits et gestes des habitants d’une ville et compléter les bases des données les concernant. Google, Facebook ou encore Apple collectent aussi des données sur les citoyens, mais leurs utilisateurs peuvent encore choisir de les laisser les utiliser ou non, alors que les services de la smart city ne seront pas optionnels bien longtemps, et ils seront mis en place par ces même géants du numérique. Il est aussi bien sur question de la sécurité de ces données, car aucun système informatique n’est aujourd’hui à l’abri d’un piratage.

Les opportunités liées aux smart cities

Pour les défenseurs de la ville intelligente, on ne peut pas tourner le dos au progrès et aux nouvelles technologies. Il faut utiliser toutes les capacités qu’ils nous fournissent pour améliorer la vie quotidienne des citoyens. Pour Vinci Energie par exemple, il n’y a pas de définition universelle de la ville intelligente, il y en aura autant de que de villes existantes, car il faut prendre en compte les usages. Pour être attractive, une ville doit proposer un certain nombre de services, aux entreprises, aux citoyens, et aux touristes. Il y a aussi le volet de la santé dans la ville. Par exemple en matière de qualité de l’air, la politique publique doit permettre de pouvoir réguler le trafic, de désenclaver, et d’anticiper une mobilité fluide. Et enfin, il y a des enjeux politiques et financiers, et comme les budgets des communes sont de plus en plus restreints, les données sont une formidable opportunité pour mieux comprendre les usages, anticiper leurs évolutions, et donc mieux exploiter les différents systèmes afin de produire un service public de qualité. La donnée est un enjeu social car elle va permettre d’inclure le citoyen dans les décisions qui vont être prises, et de recueillir plus facilement ses attentes.

Pour maitriser le facteur risque, les élections restent pour le moment le meilleur de moyen de valider les mesures prises par les villes…

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